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Et vous, que voyez‑vous quand une femme défile ?

Et vous, que voyez‑vous quand une femme défile ?

Et vous, que voyez-vous quand une femme défile ?

Un défilé n’est jamais seulement un défilé.

En Haute Couture, il marque l’aboutissement d’une saison, la révélation d’une vision, la mise en lumière d’un savoir-faire.
Pour moi, artisane, il est tout cela et il est surtout un moment profondément vivant.

Un moment où mon travail quitte l’atelier pour rencontrer des regards.
Où ce qui était encore silencieux devient partage.

Ce défilé commence bien avant le jour J.

Il y a les heures de réflexion autour d’une thématique.
La recherche des femmes qui incarneront la collection L’Impertinente.
Les échanges, parfois hésitants, toujours sincères, pour convaincre, rassurer, donner confiance.
Les essayages, où l’on ajuste les matières, mais aussi les postures, les regards, la manière d’habiter le vêtement.

Puis quelque chose bascule.

Les doutes laissent place à une forme d’évidence.
Les femmes que j’accompagne, ne portent plus seulement des robes : elles prennent leur place.

Je ne choisis ni des âges, ni des silhouettes dites « idéales ».
Je choisis des femmes dans ce qu’elles ont de singulier, de vivant, de présent.

Sur le podium, les générations ne s’opposent pas.
Elles dialoguent. Elles se répondent. Elles avancent ensemble, sans hiérarchie. Elles partagent.

Organiser un défilé, pour moi, c’est porter seule un processus exigeant, parfois vertigineux.

Tout commence par une thématique.
Un fil que je tire, une histoire que je construis peu à peu.

Imaginer, dessiner, chercher les matières, assembler, recommencer.
Faire des choix, affiner une intention, donner une cohérence à l’ensemble.

Chaque pièce s’inscrit dans ce récit.
Chaque silhouette devient une voix, une manière d’exister et de se raconter.

J’écris aussi les mots qui accompagneront le défilé, parce que cette histoire ne se voit pas seulement, elle se raconte.

Et puis vient le moment de la partager.

Présenter mon travail, ce n’est pas me cacher ou me dévoiler.
C’est rendre visible un chemin.
Un parcours qui se construit au fil des créations, collection après collection.

C’est dire, simplement : voilà où j’en suis aujourd’hui.

Si je choisis de faire défiler mes collections dans des brocantes ou des ressourceries, ce n’est pas un décor.
C’est une continuité.

Créer à partir de matières existantes, transformer des tissus déjà chargés d’histoire, ce n’est pas une contrainte : c’est une manière de penser le vêtement autrement.
Une manière d’inscrire chaque pièce dans quelque chose de plus vaste que soi.

Le jour du défilé, tout change.

Les vêtements quittent les cintres.
Ils prennent vie.

Ils avancent, portés par des femmes qui, pour certaines, n’avaient jamais imaginé vivre ce moment.
Et pourtant, elles sont là.

Il y a dans leurs regards une fierté nouvelle.
Dans leurs corps, une présence qui s’affirme.
Dans l’air, quelque chose qui circule et qui nous relie.

Et moi, je ressens chaque passage avec une intensité particulière.

Parce que je vois concrètement ce que ce travail permet.
Je vois des femmes se redresser, s’ouvrir, s’autoriser.
Je vois une transformation qui dépasse largement le vêtement.

Les couleurs, dans ce contexte, ne sont jamais là par hasard.
Elles accompagnent ces états, elles soutiennent ces élans, elles prolongent ce qui se joue.

Un défilé de la collection L’Impertinente n’est pas une simple présentation.

C’est un moment où se rencontrent un travail artisanal, des parcours de femmes et un regard posé par le public.
Un moment où une vision prend corps, devient visible, partageable.

Ce qui se joue là demande du courage.

Créer avec des moyens limités.
Continuer à croire en son travail.
Inviter des femmes à se montrer, à incarner, à oser.

Mais à chaque défilé, ce que je reçois dépasse ce que j’avais imaginé.

Je vois des femmes heureuses.
Je vois des liens se créer.
Je vois une énergie qui circule et qui transforme.

Et c’est cela qui donne du sens aux heures de travail, aux doutes traversés, à tout ce qui s’élabore dans le silence avant d’exister sous vos yeux.

Sous vos regards, ce ne sont pas seulement des robes qui avancent.

C’est une manière de penser la féminité.
Une façon d’habiter le Monde avec plus de liberté, de conscience et de présence.

Une manière, pour moi, d’affirmer que l’artisanat a une place essentielle, aujourd’hui plus que jamais.

Alors merci.

Merci aux femmes qui acceptent de vivre cette expérience, d’incarner ces vêtements et cette histoire avec leur sensibilité.

Merci à celles et ceux qui regardent, soutiennent, encouragent.

Et si, en regardant ce travail, vous ressentez l’envie de faire partie de cette aventure,
si vous avez envie, vous aussi, de défiler et d’incarner une collection L’Impertinente,
alors vous pouvez m’écrire : contact@clamour.fr

Les défilés se construisent aussi grâce à ces rencontres.

Et peut-être que la Mode, au fond, n’est pas seulement une question de vêtements.
C’est une manière de créer du lien, de faire émerger quelque chose de profondément humain et de le rendre visible.
C’est une façon de rappeler qu’une création peut être à la fois sensible, artisanale et engagée dans une démarche plus responsable.

Cécile Lamour


Parce que le monde est pluriel

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