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Chronique RDV avec Vous : Artisanant Histoire de Passion LES TISSERANDS

Chronique RDV avec Vous : Artisanant Histoire de Passion LES TISSERANDS

L’origine du tissage et des tisserands est étroitement liée à l’évolution et la constitution de nos sociétés humaines. Dans une volonté de se couvrir, de se réchauffer et de se parer aussi, on peut présumer que le premier geste pour conduire à cet artisanat universel fut le feutrage, le simple geste de rouler entre ses doigts des fibres végétales ou de la laine et de les aplatir et de les croiser pour former les prémisses d’un morceau de tissu.

 

S’il est bien un domaine dans lequel on peut suivre l’évolution de la pratique d’un artisanat au travers des siècles, c’est l’art du tissage.

Le premier écueil technique rencontré était l’imperfection des fils utilisés. L’invention du fuseau, petit bâton muni d'un crochet ou fente au sommet et lesté par un poids, fut la réponse pour filer plus régulièrement, ce qui représente un progrès notable dans le procédé du tissage. Puis fut construit le rouet, machine à roue mue par une pédale ou par une manivelle, permettant d’obtenir, une source de fil continu de bonne qualité. Du coté des métiers à tisser, on retrouve un simple châssis de 4 bâtons assemblés, où l’on enroulait autour la chaîne qui servait à élaborer peu à peu la trame, dont les fils entrelacés étaient positionnés à l'aide des doigts ou d'une simple navette. La navette était alors, un bâton entaillé aux deux bouts autour duquel on enroulait le fil. Un bon tissage régulier dépend du passage ininterrompu de la navette à travers la chaîne. La navette elle aussi subira une évolution notable, adoptant la forme d’un petit bateau qui transporte le fil de la trame sur une canette. Les métiers à tisser archaïques, n'ont qu'une navette, ce qui permet d'entrelacer dans la chaîne une seule trame d'une couleur unique. Si l’on veut concevoir un tissu multicolore, on doit avoir recours à plusieurs navettes chargées de couleurs différentes. Les métiers à tisser qu’ils restent artisanaux ou industriels, doivent beaucoup à une invention somme toute simple mais à l’efficacité redoutable qui est la lisse. Ce composant du métier à tisser, permet à chaque fil de chaîne de traverser l'œillet central d'une lisse et le tisserand en soulevant ou en abaissant certaines lisses ouvre un chemin à la navette lui permettant de passer facilement. Une des étapes nécessaires avant de commencer à tisser est de préparer les fils de la chaîne pour qu'ils ne s'emmêlent pas et se montent aisément sur le métier; c'est l'ourdissage. Cette opération consiste à assembler les fils de chaînes parallèlement dans l'ordre qu'ils occuperont dans l'étoffe.                                                                                                              Les évolutions techniques apportées aux métiers à tisser ont permises de développer le métier « haute lisse » dont la chaîne y est tendue verticalement et qui est utilisé pour la réalisation de monumentales tentures murales. Le métier «basse lisse», dont les lisses se trouvent sous la chaîne tendue horizontalement, se développe en parallèle et il est plus communément utilisé pour la réalisation de tapisseries murales de petits formats. C’est ce type de métier à tisser est actuellement encore employé couramment par les tisserands de manière artisanale. L’industrialisation s’empare de la fabrication textile et en 1801 Joseph Marie Jacquard invente un métier à tisser avec un système mécanique programmable avec des cartes perforées. Le Métier Jacquard est encore utilisé pour la production industrielle de nos jours.

 

Être artisan tisserand en France :

Les tisserands en France sont définis comme artisans d’Art et restent uniquement une soixantaine.

Ils utilisent un métier à bras ou des métiers mécaniques à lame ou Jacquard. Ils réalisent des étoffes de coton, de laine, de soie, de chanvre, de lin, ou de fils artificiels ou synthétiques. Leurs ouvrages s’orientent vers les secteurs du linge de maison, de l’habillement, de la écoration Intérieure ou de l’expression artistique. Ils les commercialisent auprès d’une clientèle de particuliers et peuvent être sollicités par des professionnels pour les besoins de l’échantillonnage de tissus et pour la reproduction d’étoffes anciennes. Le tisserand pour exercer son art possède des qualités de créativité, d’originalité, de minutie, de patience et une sensibilité aux couleurs et matières sans omettre une bonne condition physique, car le tissage nécessite des postures corporelles statiques associées à des gestes répétitifs.

Je trouve regrettable que cet artisanat millénaire de qualité, si intimement associé à l’évolution de l’Humanité et répondant à ses besoins essentiels et à son expression culturelle, ne soit plus reconnu et supporté à sa juste valeur.

Cécile Lamour

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