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Chronique RDV avec Vous : Artisanat Histoire de Passion

Chronique RDV avec Vous : Artisanat Histoire de Passion

L’Artisanat c’est transformer avec passion, des matières inertes et voir naître au creux de ses mains la beauté et l’émotion d’un objet unique. Histoire d’humains et de mains, qui de part les siècles et les pays transmettent et partagent un savoir-faire, mémoire vive de notre humanité aux valeurs restées nobles.

Dans ces RDV avec Vous : L'Artisanat Histoire de Passion : L’Intelligence du Fait-Main, je souhaite vous faire découvrir et aimer au travers de mon regard, ces métiers et ces artisan(e)s, qui perdurent et inventent l’Art au quotidien.  

Depuis 2009, date de création de mon entreprise artisanale C.Lamour, je mesure que la valeur attribuée à l’artisanat et à sa fonction au sein de nos sociétés européennes, sont loin d’être reconnues de manière valorisante et contributive.

Les artisans sont coincés dans une sorte de Terra Incognita, qui serait bordée par des questionnements propres à définir leur existence, leur fonctionnement, leur utilité et légitimité et la reconnaissance de leur Art.

 Pour essayer de comprendre pourquoi l’artisan ne trouve pas une place reconnue et valorisée, je m’interroge en premier lieu sur cette perception qui est : l’artisan est il un artiste ?

Si on définit que l’artisan fabrique des objets qui remplissent une fonction spécifique, là où l’artiste créé une œuvre qui a pour but de provoquer une émotion esthétique, on sépare la création du travail, le créateur de l’artisan, la pratique artistique des arts des métiers artisanaux. Donc la distinction de dissocier l’artiste de l’artisan, serait fondée sur la notion d’utilité, un artisan produirait des choses prioritairement utiles, quand l’artiste serait lui détaché de cette utilité. Ce critère simpliste et réducteur n’est pas recevable, car l’art et l’artiste visent très souvent une finalité utile. Problèmes de définition de l’utile mis à part, les artistes produisent en permanence des choses dont personne ne dira qu’elles sont inutiles ou réalisées « pour l’amour de l’art ». Pour exemples, les objets du design, sont à la fois esthétiques et pratiques, beaux et ancrés dans l’usage ou encore l’architecture qui a profondément une dimension utile. Pour percevoir et faire évoluer cette vision erronée du travail de l’artisan dissocié de l’artiste, je propose une conception d’une possible esthétique dite fonctionnelle. De même, l’artisan n’est pas tenu de ne rechercher que l’utilité, il peut et a souvent des préoccupations esthétiques.  

Revenons sur l’artisan et sa pratique. Il déploie un travail constant de dialogue avec la matière qu’il met en œuvre avec ses outils modulables, ses traditions et son savoir-faire, pour faire naître un échange constant entre l’esprit et la matière. Un engagement qui tranche sur le travail effectué à la machine et qui le rapproche de l’activité artistique et marque une coupure de plus en plus affirmée avec le monde du travail, qui lui évolue dans une production industrialisée et pré formatée. Dans l’élaboration de sa façon de travailler, l’artisan arrive à exprimer  « les idées contenues dans les choses ». Cette « philosophie de l’expérience » serait plus humaine que la pensée rationaliste et idéaliste moderne. A cela s’ajoute, que dans la pensée artisanale, qui n’est pas guidée par la réalisation à tout prix d’un objectif prédéterminé, il existe une capacité réelle à concevoir de manière intuitive et grâce à son imagination des solutions, des avancées techniques plus pratiques, et plus efficaces et qui pourraient avoir plus d’avenir.

Plus que dans la contestation d’un monde moderne qui exclut les valeurs fondatrices essentielles de notre humanité, le mode de pensée artisanale serait à réhabiliter, quand les sociétés ont tendance à se fermer sur des questions qui ont provoquées des crises majeures plus que préjudiciables pour l’avenir de notre planète et la survie des êtres qui la peuplent.

 Et si le mode de pensée artisanal ainsi conçu était le mode de pensée à privilégier pour demain ?

L’artisanat serait-il le conservateur de cultures dont il a su transmettre la trace et resterait-il le garant en veille et en action, d’une forme salutaire de fonctionnement économique valorisant l’intelligence créative au service de valeurs de sauvegarde de sociétés happées depuis des décennies dans la course destructrice de la surconsommation ?

Je formule le souhait que d’une Terra Incognita, nos métiers d’artisans puissent être découverts à leurs justes valeurs et s’inscrire comme acteurs incontournables des bases de sociétés en transitions vers un équilibre salutaire pour notre planète et ceux qui l’habitent.

Cécile Lamour  

 

 

 

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