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Je crée des vêtements pour des femmes réelles

Je crée des vêtements pour des femmes réelles

Je crée des vêtements pour des femmes réelles

Je ne crée pas pour des femmes imaginaires.
Je crée pour des femmes réelles.

Des femmes de tous âges.
Des silhouettes fines ou généreuses, petites ou grandes.
Des corps qui évoluent au fil de la vie, des saisons, des maternités, des émotions, du temps qui passe et des histoires que chacune porte en elle.

Pendant longtemps, la Mode a construit ses collections autour d’un idéal unique du corps féminin.
Et même aujourd’hui, alors que beaucoup de marques parlent d’inclusivité, la réalité reste souvent limitée.

Les vraies grandes tailles demeurent rares.
Les coupes sont peu pensées pour les corps réels.
L’offre s’arrête rapidement.
Et derrière les discours qui promettent “la Mode pour toutes”, beaucoup de femmes comprennent encore que certains corps restent tolérés plutôt que véritablement considérés.

Pourtant, nous faisons partie de la même humanité féminine.

Aucune femme ne devrait avoir le sentiment que son corps l’empêche d’accéder au vêtement, à l’élégance, au mouvement ou à la liberté d’être elle-même.

Ma formation de modéliste, basée sur la coupe à plat, ainsi que la réflexion que j’ai menée en observant les corps dans leurs réalités, m’ont permis de concevoir des vêtements adaptés aux morphologies généreuses.

Certaines silhouettes demandent plus d’aisance au niveau des bras, d’autres au niveau du ventre, des hanches, de la poitrine ou encore dans le mouvement général du vêtement.

Concevoir des vêtements ne consiste donc pas simplement à agrandir un patron existant.

Cela demande une véritable réflexion sur la coupe, les lignes, les proportions, le confort, la fluidité et la manière dont le vêtement accompagne le corps sans le contraindre.

C’est précisément là que le travail artisanal et la coupe à plat gardent toute leur importance.

Parce qu’ils permettent de penser le vêtement à partir des corps réels, de leurs singularités et de leur manière d’habiter l’espace.

Créer en upcycling, c’est aussi accepter de travailler avec ce qui existe déjà.
Avec les matières que l’on trouve.
Avec les vêtements que l’industrie a produits, diffusés, ou parfois oubliés.

Certaines tailles sont largement présentes.
D’autres le sont beaucoup moins.
Et cette réalité se retrouve inévitablement lorsqu’on chine des pièces anciennes ou des vêtements destinés à être transformés.

Les grandes tailles restent moins présentes, parce qu’elles ont longtemps été moins produites, moins proposées, moins considérées par l’industrie textile elle-même.

Ma Collection L’Impertinente va du 34 au 58.
Non pas pour définir quelles femmes auraient leur place ou non, mais parce que l’artisanat travaille avec le réel : les matières disponibles, les pièces trouvées et ce qu’il est possible de transformer avec justesse.

C’est une manière de créer sincère et réaliste.
Une approche plus humaine et honnête que certaines promesses d’inclusivité devenues parfois de simples arguments de communication.

Je préfère dire simplement ce que je peux faire, dans le respect des matières, des corps et du travail artisanal.

Parce qu’au fond, créer un vêtement, ce n’est pas seulement produire une taille de plus.
C’est réfléchir à la manière dont une femme va vivre, bouger, respirer et habiter ce vêtement.

Cette manière de travailler change profondément le rapport à la création.

On ne part pas d’un idéal abstrait du corps.
On part de corps réels, dans toute leurs diversités.

On part aussi de matières existantes, avec leurs contraintes, leurs histoires et leurs possibilités.

Créer devient alors un dialogue.
Entre une matière et un corps.
Entre une coupe et une présence.
Entre une idée et ce que le réel permet.
Entre une main artisanale et les possibilités des matières existantes.

Je ne cherche pas à imposer une forme au corps.
Je cherche une justesse entre la matière et la personne qui va la porter.

Un vêtement réussi n’est pas un vêtement qui transforme.
C’est un vêtement dans lequel on peut respirer, bouger, se tenir, exister sans effort et qui nous correspond pleinement, en célébrant notre beauté.

Nous faisons toutes partie d’un même ensemble.
Sans hiérarchie des corps, sans catégories de valeur, sans différence de légitimité dans le fait d’être vue, d’être belle, ou d’être désirable.

La beauté et la séduction ne devraient jamais appartenir à certains corps plutôt qu’à d’autres.
Elles font partie du vivant, de la présence, de la manière d’habiter le monde, alors même que l’industrie textile continue de les hiérarchiser dans ses représentations et ses choix de production.

À mon échelle d’artisane, je tente simplement de créer des vêtements qui ne reproduisent pas ces hiérarchies, mais qui accompagnent les corps tels qu’ils existent.

Cécile Lamour

C.Lamour parce que le Monde est pluriel

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